L'Arche de Noé - Marc Chagall

Marc Chagall
L'Arche de Noé
1961-66, huile sur toile, 236 x 234 cm 
Musée national Marc Chagall, Nice 
Photo © RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) - Gérard Blot © Adagp, Paris, 2020

Il est dit dans la Bible que Dieu, déçu par la perversité des hommes, décide de détruire toute vie sur terre dans un immense déluge. Il n’épargne qu’un homme et sa famille, Noé, pour perpétuer l’humanité. Noé a pour mission de construire une arche, un bateau dans lequel il installe ses trois fils et leurs épouses ainsi qu’un couple de chaque espèce vivante, afin de les protéger. Avec l’arche, Noé navigue pendant 220 jours et s’échoue sur les monts d’Ararat. Là il décide d’envoyer une colombe afin qu’elle recherche un lieu sûr pour s’y installer. La colombe revient avec un rameau d’olivier, signe que le niveau d’eau a baissé : la fin du déluge est proche, le calvaire est terminé. 
Chagall a choisi de montrer l’instant où Noé, vieil homme a la barbe blanche, lâche l’oiseau au-dessus des flots.

Message biblique 

L’arche de Noé fait partie de l'extraordinaire cycle de travaux illustrant la Bible, commencé par Chagall dans les années 1930 à la demande de l'éditeur Ambroise Vollard. Après la seconde guerre mondiale, le peintre reprend certains dessins et peint 17 toiles monumentales, qu’il appellera par la suite : Message Biblique. C’est le grand œuvre de Chagall, qui l’occupera pendant 20 ans ! Il offre ensuite l'ensemble au Musée du Message Biblique-Marc Chagall de Nice, inauguré en 1973. C’est le testament pictural, poétique et philosophique du peintre.

Chagall, peintre du monde animal 

Qui mieux que Chagall, pouvait peindre l’Arche de Noé ? Lui qui, à travers son œuvre, a prouvé sa passion pour le monde animal. Une passion qui est le fruit de sa culture de tradition juive hassidique. Le hassid ou homme pieux, entretient des liens de complicité avec tous les êtres de la création, à commencer par le règne animal, avec lequel l'homme partage sa destinée. Le bestiaire qui peuple les toiles de Chagall serait une des visions magiques de ces relations entre toutes les créatures de Dieu. Par-delà cette symbolique propre à l’artiste, ce bestiaire coloré renvoie aux peintures rupestres des premiers hommes, donc à la mémoire universelle.